Quelle place pour les défunts ?

Pour chacun d'entre nous, le souvenir des défunts est nécessaire, tant pour se construire une histoire que pour conjurer notre propre mort. Traditionnellement, le lieu consensuel du souvenir, c'est le cimetière. Un sanctuaire bien identifié, à l'orée du monde des vivants ; un espace social dans lequel s'exprime le rituel funéraire.

Or, depuis une vingtaine d'années, le cimetière est sensiblement délaissé, les rites sont dénoncés au profit de nouvelles valeurs plus individualistes : à l'hommage collectif rendu au mort se substitue une relation plus intimiste entre l'endeuillé et le défunt ; les gestes traditionnels du rituels (le "faire") laissent la place au verbe (le "dire").

Parallèlement, la crémation se développe et pose la question de la sépulture. Dans ce contexte, qu'advient-il de la mémoire des morts ? Un lieu du souvenir reste-t-il nécessaire ? Des traces de vie (photos, objets usuels du défunt,...) peuvent-elles s'y substituer ? Autant d'interrogations qui expriment le paradoxe du deuil : à la fois le désir de tout conserver et celui de tout faire disparaître.


SOMMAIRE du n°9

Dossier :

Quelle place pour les défunts ?

 

 

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