Dossier :
|
Etranger :
Portrait :
Lu pour vous : Equipement : Opinion :
|
Le deuil
"A la porte du cimetière, on considère
que c'est terminé. Et pourtant, c'est
là que tout commence." Ainsi pourrait se résumer l'actuel paradoxe du
deuil. Il y a encore trente ans, le deuil se manifestait en effet par les coutumes
qui accompagnaient la mort. Aujourd'hui, la mort est loin ; parfois on ne la
mentionne même pas. Un silence qui reflète le glissement de la
mort dans la société, sujet tabou, médicalisé, strictement
familial, privé. Cependant, le vécu, lui, reste le même
avec la douleur, le manque. Une cicatrice qui peut si facilement se réouvrir.
La mort n'est plus partagée et les hommes en souffrent, aussi voit-on
se recréer au travers d'associations, grâce à des personnes
anonymes, de nouveaux gestes. Peut-être les prémices des rites
des sociétés modernes.