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L’homme peut se passer de
transcendance tant que la
technique et la science répondent
à ses besoins, mais quand on
lui dit, “on ne peut plus rien pour
vous”, il lui faut bien trouver
quelque chose porteur d’espoir ou,
au moins, de sens. C’est à ce
moment-là que la spiritualité
apparaît.” Tanguy Châtel est
chercheur en sociologie des religions,
il est aussi bénévole dans
une unité de soins palliatifs à la
Maison Médicale Notre-Dame-
Du-Lac, à Rueil-Malmaison.
Selon sa propre expérience
auprès des malades dans les hôpitaux,
les préoccupations de fin de
vie sont bien plus spirituelles que
religieuses. “On observe un immense
besoin de sens, de liens, de relations,
qui se traduit par une envie de
communiquer, de parler, de partager.
Le plus important, c’est de ne pas
être seul, de ne pas souffrir seul,
d’être entouré pour supporter ces
instants terribles, explique Tanguy
Châtel. Les personnes ont besoin de
sentir une présence à leur chevet
qui les aime, qui les rassure.” Que ce soit celle d’un prêtre ou celle
de quelqu’un d’autre, d’un bénévole
par exemple, peu importe.
Ce qui compte c’est l’écoute.
“Un prêtre ne peut pas venir au
chevet d’un malade et faire un
discours théologique. A moins qu’il
ne réponde à une demande, il serait
complètement à côté de la plaque.”
Les religieux ont d’ailleurs peu
de place, selon lui, dans les hôpitaux.
Ils viennent quand on les
demande et c’est toujours pour
accomplir un rituel. Car paradoxalement,
les malades lorsqu’ils
sentent leur fin proche,
même s’ils refusent les croyances,
demandent un prêtre et le sacrement
des malades. C’est parfois
sous la pression des familles,
terriblement affectées par la
situation. “Quand le malade décède,
le besoin de rituels se fait encore plus
fort, précise Tanguy Châtel. Les
familles font venir le prêtre pour
qu’il bénisse le défunt dans sa
chambre, elles prient avec lui, elles
ont besoin d’être entourées et aidées
pour faire face à la mort.”
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