Cité

   

De la canicule de l’été 2003, qu’a-t-on retenu ? Le nombre de morts – 15 000 –, tellement énorme qu’il en devient abstrait, les appels alarmants mais non entendus des urgentistes, les défunts en attente de sépultures, quelques corps non réclamés… De l’investissement des professionnels et du travail accompli en contact direct avec les défunts et les familles, le grand public a eu peu d’écho. Deux anthropologues libèrent la parole. Un travail de vérité et de mémoire qui s’imposait

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Regard

Deux regards sur le monde.

Soigner après la mort Expo photo

Deux mains nouent la cravate d’un homme. Ce pourraient être celles de l’épouse ou celles d’un fils aimant. Mais non, et pourtant, quel respect dans le geste… L’homme ne bouge pas, il dort. A-t-il deux trous au côté droit ? Plus loin, c’est une chevelure qu’on coiffe avec une douceur infinie. La tête repose en arrière, sans plainte, drapée de blanc, inerte. Puis, voilà une étagère dans une armoire, avec ses pots et ses flacons. C’est une pharmacie qui pourrait être la nôtre. Mais pourquoi ce crucifix en compagnie des poudres et des crèmes ? Lire la suite

Les stèles discoïdales dans l’art funéraire basque

Plantées en terre basque à la tête orientée de très vieilles tombes, parmi les herbes folles, des fleurs de pierre animent l’espace dévolu aux morts de leurs rosettes, rouelles, étoiles, soleils, svastikas, croix… dessinées, multipliées et combinées en une multitude d’images sculptées en champlevé. Ces stèles funéraires “discoïdales”, dont la silhouette en trou de serrure renvoie à leur énigme, sont plusieurs milliers au Pays Basque Nord.

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Dossier

Poser ses limites... pour ne pas “mourir au combat”

Que l’on soit urgentiste, soignant, assistant funéraire, porteur, ou encore bénévole, religieux, la question des limites dans la proximité et la familiarité avec la mort se pose régulièrement. Jusqu’où aller dans la compassion, dans l’accompagnement des malades, des personnes en fin de vie, des familles des défunts, sans qu’il y ait “menace” pour son intégrité psychique et son professionnalisme. Existerait-il une distance idéale qui préviendrait, à force de côtoyer la mort, l’usure et l’épuisement professionnels ?

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