Où
en est-on aujourd’hui en France en termes de réflexion,
d’alternative, de réalité… sur l’euthanasie
? Propulsée sur le devant de la scène avec la mort de
Vincent Humbert, cette pratique pourrait faire l’objet d’une
loi. Schématiquement, deux grands courants s’expriment
régulièrement sur ce sujet : les tenants des soins palliatifs
d’une part, pour lesquels un accompagnement tant psychologique
que médical réussi permettrait d’évacuer
de fait, dans la plupart des cas, la demande d’euthanasie et
le désir de mort ; les partisans de l’euthanasie, d’autre
part, qui, arguant du critère de dignité, réclament
le droit de mourir lorsqu’ils l’auront décidé.
En parallèle, une grande majorité s’interroge
: à quel moment précis peut-on commencer à envisager
un recours à l’euthanasie ? L’alternative des soins
palliatifs est-elle toujours possible, notamment dans les cas désespérés
comme celui de Vincent Humbert ? D’où émanent
les demandes d’euthanasie : du service des urgences, des services
de réanimation, oncologie, gérontologie… ? Et
qui en est l’émetteur : le patient, sa famille ? Outre
les questions concernant le moment, se posent également celles
du comment : comment donner la mort ? Qui est “légitime”
pour décider de recourir à l’euthanasie ? Et pour
la pratiquer ? Et, enfin, comment envisager une loi lorsque chaque
cas est unique, chaque personne face à sa mort et face à
la mort de l’autre ? Comment concilier le droit et l’éthique
? Ce dossier ne prétend pas apporter de réponses sur
l’euthanasie mais plutôt mettre en évidence l’ampleur
du doute qu’éprouvent la plupart des professionnels de
santé, des familles et des accompagnants qui sont confrontés
à cette demande. Si un texte de loi parvient un jour à
codifier et encadrer les pratiques, qui peut raisonnablement imaginer
qu’il puisse combler ce doute ? |